L’innovation dans les métiers d’art

Le week-end dernier, le grand public a pu découvrir à travers toute la France ce que sont aujourd’hui les métiers d’art. Force est de constater que les « Territoires de l’innovation » s’épanouissent en gagnant de nouveaux horizons, les Journées Européennes des Métiers d’art ont permis de mettre en lumière les artisans, les ateliers et les initiatives faisant découvrir toute la richesse et la diversité de ce secteur économique en mutation*.

 

  • Processus de création et matériaux

Malgré un climat socio-économique difficile, dans notre course à la compétitivité nous n’avons jamais été aussi productif et créatif. Rappelons toutefois que le processus créatif – par nature – se développe souvent en premier lieu sur un mode expérimental, voire accidentel, et que l’innovation résulte d’un cheminement: innover est une démarche globale, résultant de la recherche et du developpement.

L’innovation est d’abord incarnée dans la matière.

En partant d’un état brut, le défi pour l’artisan est d’amener la matière à se laisser manipuler. Quand Alice Riehl parle de la porcelaine, sa matière de prédilection, elle nous dit qu’elle a « sa volonté propre ». Pétrie à la main ou à l’aide d’outils, la matière accumule le savoir-faire traditionnel que lui apporte son créateur au fil des manipulations. C’est donc avec le temps et une bonne dose d’audace que les artisans innovent: grâce à l’émergence de matériaux hybrides, de techniques inédites et d’applications originales, les recherches se diversifient jusqu’à devenir in fine des produits issus de l’innovation.

 

  • Tradition et modernité

Les savoir-faire hérités d’un patrimoine ne changent que pour évoluer avec les moyens techniques et technologiques. Les compétences sont régénérées et entraînées dans une nouvelle dynamique, sous l’influence d’une réalité économique complexe. En réinterprétant leurs métiers, les artisans d’art entrent en mutation, deviennent hyper-connectés, et montrent une ouverture sur le monde.

 

  • Stratégie collective

Infographie complète disponible ici

 

Les lieux de création et d’expérimentation collaborative s’ouvrent aux créateurs de tout horizons et favorisent les échanges : en 2013, on dénombre en France 120 espaces de co-working et laboratoires de fabrication, les « FabLab ».

Ces ruches offrent un accès mutualisé aux équipements : fraiseuses et raboteuses traditionnelles côtoient alors des machines de haute technologie comme les imprimantes 3D,ou les découpeuses laser. Ces grands espaces de liberté permettent aux créateurs de s’émanciper. Dans ces conditions idéales, il fait bon travailler ensemble, développer et collaborer. On y voit naître de façon hebdomadaires de foultitude de petits déjeuner, de conférences, et d’apéros-Lab permettant de se rencontrer et d’échanger sur les projets et faire se croiser les compétences. Ces lieux de partage génèrent donc une productivité et une rentabilité accrue, tout en étoffant les réseaux d’artisans et d’entrepreneurs.

 

  • Les clients au coeur de cette économie du partage

En rassemblant pour certains d’entre eux plus de 60 métiers différents (ICI Montreuil, Mutinerie, La Réserve des Arts,…), ces ateliers 3.0 ont transformé profondément les modes de production. Grâce à la mutualisation des ressources, les artisans gagnent en autonomie et peuvent proposer des prestations « clé en main  » qu’ils n’envisageaient pas avant. Une belle façon de se différencier de la concurrence et de se positionner sur de nouveaux marchés!

Enfin, viens la commercialisation, l’exposition des oeuvres et la mise en place de partenariat pour gagner en notoriété. Tout en favorisant un développement local, le boom des boutiques éphémères et autres pop-up stores est un levier à activer! Pour les artisans, il est également possible de nouer des partenariats: StartisanatZelipJob en Boite: autant d’initiatives pour valoriser les métiers d’art et créer de la valeur.

Comme un remède aux temps difficiles de la crise, et à la fois une manière intelligente de développer une clientèle, ces outils de relation publique et ces lieux d’exposition et de vente sont de bons moyens de se faire connaître en plus d’augmenter progressivement le chiffre d’affaires des créateurs.

 

L’innovation est bien incrustée à tous les niveaux de développement de ces métiers d’exceptions, qui par leurs atouts économiques, culturels et artistiques contribuent au rayonnement de la France dans le monde.

 

 

* L’article 20 de la loi Artisanat promulguée le 18 juin dernier, reconnaît officiellement pour la première fois les métiers d’art en tant que secteur économique à part entière.

 

Sources:

Tendance métiers d’art à l’heure du numériqueVidéo BFM – Business du 24 mars 2015

Innovation dans les métiers d’art – Vidéo INMA du 20 mars 2015

La stratégie collective dans les métiers d’art – Blog innovation et artisanat – Nicolas Duez Responsable de l’IFRAM

Les FabLab, pionniers de l’industrie du futur, BFM Business du 29 mars 2015

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